Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Benoît VANHOLLEBEKE (Premier Assistant - 2009)

Parcours

" Je me suis pris au jeu de la recherche non orientée, entièrement passionnée. Mon moteur, aujourd'hui, c'est réussir à comprendre les mécanismes biologiques ", lance enthousiaste Benoit Vanhollebeke.

Bioingénieur de formation, il imaginait partir travailler sous les tropiques, mais change d'avis et décide d'entamer une thèse de doctorat : ses lectures scientifiques, ses visites, ses rencontres le conduisent finalement dans le Laboratoire de parasitologie moléculaire de la Faculté des sciences de l'ULB.

Sous la direction d'Etienne Pays, il entame à l'Institut de Biologie et de Médecine Moléculaires, une thèse financée par le FNRS sur le modèle du trypanosome, cet étonnant parasite qui réussit à déjouer les défenses immunitaires en ne cessant de se travestir et qui cause d'effroyables dégâts en Afrique en provoquant la maladie du sommeil chez l'homme (300.000 morts par an) et le nagana chez le bétail. " Etudier un parasite tel que le trypanosome africain était pour moi l'occasion de me plonger dans la biologie moléculaire et cellulaire tout en gardant un lien avec mon intérêt initial pour les tropiques ", se souvient-il.

Pendant ses cinq années de thèse, le jeune chercheur analyse, décrypte, progresse et publie dans des revues majeures telles que le New England Journal of Medicine ou Proceedings of the National Academy of Sciences ou Science. En 2003, le Prof. Pays et son équipe avaient identifié une protéine du sang humain capable de tuer le trypanosome : l'apolipoprotéine L-1 ou apoL-1. Deux ans plus tard, le laboratoire - que Benoit Vanhollebeke a rejoint entretemps - élucide la fonction de l'apoL-1, en détaillant son mécanisme d'action pour tuer les trypanosomes. En 2007, Benoît Vanhollebeke et ses collègues démontrent le rôle incontournable de cette protéine dans notre immunité face au parasite.

Enfin, en mai 2008, ils découvrent une nouvelle voie d'accès au parasite - un récepteur de la surface du trypanosome, qui explique pourquoi le trypanosome ingurgite l'apoL-1 qui finit par le tuer. Cette dernière découverte ouvre d'intéressantes perspectives thérapeutiques.

Aujourd'hui, une nouvelle voie de recherche se dessine : l'apoL-1 est surexprimée dans des pathologies inflammatoires et intervient dans la mort cellulaire programmée. Ou comment une protéine identifiée en étudiant un parasite " exotique " tel que le trypanosome, pourrait nous aider à comprendre des mécanismes inflammatoires impliqués dans de nombreuses pathologies chroniques et dégénératives.

Benoit Vanhollebeke explore désormais cette voie au sein de l'Université de Californie à San Francisco qu'il a rejoint à l'été 2009, grâce à une bourse de l'EMBO, European Molecular Biology Organization : il y mène un post-doctorat visant à mieux comprendre la famille de protéines à laquelle appartient l'apoL-1.

Le jeune chercheur est également l'heureux lauréat d'un Human Frontier Science Program, un prestigieux concours international dont il est sorti seul Belge et, c'est assez exceptionnel pour être souligné, classé 1er sur 672 candidats ! " Mon projet de recherche " Human Frontier Science Program " me fera abandonner le trypanosome pour passer à un autre modèle : le poisson-zèbre. Le laboratoire de Didier Stainier que j'ai rejoint à San Francisco s'est spécialisé dans ce modèle animal très prometteur. Dès 2010, je vais y étudier la biologie vasculaire et en particulier les propriétés de perméabilité des vaisseaux sanguins. Il y a un lien bien sûr entre ma recherche actuelle sur le trypanosome et ce nouveau thème mais ce lien me permet simplement de " faire la jonction " ; puis à moi d'explorer. Je voulais lancer ma propre aventure de recherche, le programme Human Frontier me le permet, c'est une superbe opportunité ", souligne le chercheur âgé d'à peine 29 ans.

Et d'expliquer : " La recherche répond à trois de mes aspirations : elle alimente et entretient une passion indispensable pour surmonter les sacrifices qui lui sont associés. La recherche offre aussi une liberté très large qui m'autorise à évoluer en accord avec mes convictions. Elle présente une grande part d'inconnu : j'aime l'idée de ne pas savoir ce que je ferai dans trois mois, qui seront mes collaborateurs? La recherche se nourrit d'elle-même, elle m'entraine vers des horizons que je ne soupçonnais même pas. Enfin, et de façon essentielle, l'objet même et le fruit de l'activité de recherche tout comme la structure dans laquelle elle peut se développer à l'Université libre de Bruxelles, me paraissent positifs et chargés de sens ". Et l'enseignement, que représente-t-il pour Benoît Vanhollebeke ? " L'enseignement est indispensable à l'éveil d'une passion. J'ai eu la chance d'être encadré tout au long de mon parcours par des enseignants qui ont réussi à éveiller cette passion sans pour autant la contraindre ".

Contacts

Benoît VANHOLLEBEKE

Faculté des Sciences

Campus de Charleroi - Gosselies (Biopark)

ULB CP300, rue des Professeurs Jeener et Brachet 12, 6041 Charleroi (Gosselies)