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Les traductions de Xavier Luffin récompensées et mises à l'honneur

Publié le 16 novembre 2020 Mis à jour le 16 novembre 2020

Le Pr Xavier Luffin, tout récemment lauréat du prix de la traduction d’Arles pour le roman "Les Jango", d’Abdelaziz Baraka Sakin, vient de recevoir une autre belle surprise: le livre dans sa version française vient de remporter un autre premier prix prestigieux, celui du roman arabe 2020, décerné par l’Institut du Monde arabe.

Le jury du Grand Prix de traduction de Ville d'Arles, constitué de traducteurs littéraires et d'écrivains ayant une expérience de la traduction, distingue donc cette année, le professeur Xavier Luffin pour Les Jango d'Abdelaziz Barak Sakin, un roman traduit de l'arabe du Soudan.

Quant au jury du Prix du roman arabe, composé de personnalités du monde des arts et de la culture ainsi que de spécialistes du monde arabe, il a salué "un roman surprenant de verve et de force politique où l’auteur mêle avec bonheur le fantastique et l’humour dans une intrigue très habilement construite". Le jury a également tenu à souligner l’excellente traduction du livre par Xavier Luffin.

Lauréat du prix Tayeb Salih dans son pays, le Soudan, l'année de sa parution en 2009, le roman Les Jango avait été aussitôt interdit et brûlé en place publique par les autorités ultra-rigoristes du pays. Dans son livre, Abdelaziz Baraka Sakin narre l'histoire des Jango, ces saisonniers qui viennent de tous les coins du Soudan pour récolter le sésame, le blé et le sorgho. Un jour débarquent des moissonneuses mécaniques qui les privent brutalement de leur gagne-pain. Ils se soulèvent et mettent alors en déroute les militaires envoyés par Khartoum.

"Mettant en scène un grand nombre de personnages issus de différentes ethnies et catégories sociales – des plus aisées aux plus misérables –, le roman d’Abdelaziz Baraka Sakin présentait de nombreux défis à la traduction. Les prisonniers y côtoient les gardiens et les hommes libres. Les jeux de pouvoir – politique, financier ou entre les sexes – s’y déroulent à rebours des idées reçues. Le poids de la réalité ménage une place à la magie et aux sortilèges, et la sobriété alterne avec la folie douce procurée par la fumée ou les liqueurs" explique son éditeur, Zulma, avant de souligner que "la traduction de Xavier Luffin a su rendre ces nombreuses subtilités linguistiques – tout en laissant une part de leur élucidation au lecteur – et nous guider à travers la richesse culturelle de ces mondes imbriqués".

Xavier Luffin est professeur de littérature arabe à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Depuis 2019, il est le doyen de la Faculté de Lettres, Traduction et Communication. Il est également membre de l’Académie Royale de Belgique et de l’Académie Royale des Sciences d’Outre-mer.

Il a traduit de nombreuses œuvres (romans, nouvelles, poésie, théâtre) d’auteurs de langue arabe (Égypte, Liban, Israël, Palestine, Irak, Syrie, Maroc, Tunisie, Somalie). Son intérêt pour la littérature soudanaise en particulier, au carrefour des cultures arabe et africaine, lui a permis de faire découvrir aux lecteurs francophones les œuvres d’Abdelaziz Baraka Sakin, mais aussi d’Ahmad al-Malik, Amir Tagelsir, Stella Gitano et quelques autres. Il a également traduit quelques ouvrages du turc et de l’anglais, notamment le roman Borderland du Libérien Vamba Sherif, et plus récemment un récit de voyage du 19e siècle, D’Afrique en Palestine, du grand intellectuel libérien Edward Wilmot Blyden.