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Une nouvelle vie pour le tableau de Théo Van Rysselberghe, En West-Flandres

Publié le 2 septembre 2020 Mis à jour le 1 octobre 2020

Un tableau de Théo Van Rysselberghe faisant partie de la collection de l'ULB vient d'être restauré et sera l'une des pièces maîtresses de l'exposition "Adjugé!" du Musée Rops de Namur.

En West-Flandres, de Théo Van Rysselberghe a été acquis par Paul Héger (oui, celui de l'Avenue, bien connue du campus du Solbosch), médecin et président de l'Université au début du XXè siècle.
Grâce à la pugnacité de deux docteures en Histoire de l'art de l'ULB, Noémie Goldman et Émilie Berger, le tableau, qui était dans un piètre état, a bénéficié d'une splendide restauration, financée par le le vice-rectorat aux affaires étudiantes.
En West-Flandres sera l'une des pièces maîtresses de l'exposition Adjugé!, sur l'histoire du marché de l'art, au Musée Rops de Namur.

Le tableau était sale, la toile détendue, sans compter les nombreuses anciennes restaurations désaccordées et débordant sur l'original qui étaient censées masquer des lacunes de couche picturale. La restauratrice Nathalie Levy a enlevé le vernis jaune-grisatre, purifié les anciens repeints, mastiqué les lacunes de couche picturale, fait une retouche de type illusionniste, puis mis un nouveau vernis. Le cadre a été nettoyé et la dorure retouchée et patinée.
 

En cours de restauration

En cours de restauration

Le tableau restauré



Le tableau sera visible lors de l'exposition Adjugé!, les artistes et le marché de l'art en Belgique de 1850 à 1900, qui se tiendra au musée Félicien Rops de Namur, jusqu'au 3 janvier 2021.

C’est dans les années 1850 que le marché de l’art connaît un développement sans précédent. Jamais auparavant, la production des artistes vivants n’avait fait l’objet d’autant de spéculation. Félicien Rops en témoigne en 1863 : « […] il y a maintenant une véritable bourse d’œuvres d’art comme il y a une bourse de commerce, les noms des peintres sont cotés comme les titres des maisons de commerce ».
Quelles stratégies les créateurs et créatrices du XIXe siècle ont-ils mis en place pour avoir la cote, gagner leur vie et vendre leurs œuvres? Quels sont les lieux et les acteurs du marché nécessaires à leur succès commercial ? Un ensemble d’œuvres ayant fait l’objet de transactions commerciales inédites révéleront l’histoire de ces échanges, les prix atteints à l’époque et le goût belge au XIXe siècle.
Derrière le mythe de l’artiste bohème et désintéressé se cache une toute autre réalité. Véritable plongée dans le monde de l’art, Adjugé ! vous invite à une exploration des coulisses du marché de l’art belge au XIXe siècle.
C'est là qu'entre en scène Théo Van Rysselberghe et son tableau En West-Flandre: un format important et une composition facilement reconnaissable centrée autour de trois figures au milieu d’un paysage de campagne. En 1883, le jeune artiste de vingt et un ans expose cette œuvre au Salon de Gand. Si celle-ci a été acceptée par le jury, elle n’est pas placée sur les cimaises d’honneur. Il est à la rampe, dans le grand salon, mais l’approche en est empêchée par la table où l’on vend les catalogues et où s’accomplissent quelques autres opérations administratives...


Van Rysselberghe décide de la représenter lors du premier salon des XX, cette nouvelle association d’artistes dont il est membre fondateur et qui lui permet de présenter ses œuvres dans un espace en marge des instances officielles, sans jury ni commission.

Nous le voyons sur la photographie ci-contre, chaque œuvre est placée à hauteur du regard, avec soin, contrastant fortement avec l’accrochage serré des Salons triennaux.
Davantage mis en valeur, le tableau gagne en prestance dans ce cadre élégant. Il sera vendu pendant l’exposition pour 900 francs à Paul Héger. Ce dernier, médecin reconnu, et frère de l’artiste Louise Héger, est un habitué des concerts organisés par le groupe des XX. C’est dans ce nouveau public, réuni autour de ce salon privé, que Théo Van Rysselberghe trouve ainsi sa première clientèle.