Les partis francophones candidats aux prochaines élections ont été interrogés concernant le mémorandum bruxellois ULB-VUB. Le Mouvement Réformateur (MR) y a répondu.

Le mercredi 3 avril 2019, la rectrice de la VUB, Caroline Pauwels, et le recteur de l’ULB, Yvon Englert, ont présenté le mémorandum commun de leurs universités en regard des enjeux bruxellois pour la prochaine législature fédérale, régionale et communautaire. Baptisé "Pour une alliance entre Bruxelles et ses Universités", ce mémorandum parcourt 4 grands défis bruxellois que les deux universités se proposent de relever, tout en demandant un soutien de la part des autorités politiques.

Quatre questions ont été posées aux partis démocratiques francophones en amont des prochaines élections par le recteur de l'ULB:

  1. Au cours de la législature qui se termine, comment votre parti a-t-il soutenu le projet universitaire en général, les priorités de l’ULB et les valeurs qui lui sont chères?
  2. Quelles propositions émises par l’ULB retiennent votre attention et pourquoi?
  3. Comment comptez-vous soutenir, lors de la prochaine législature, les projets repris dans notre mémorandum bruxellois?
  4. Par quelles mesures votre parti propose-t-il de soutenir la recherche et l’enseignement universitaire?

Réponse du Mouvement Réformateur (MR)

Monsieur le Recteur, 

Le Mémorandum de l’ULB et la VUB nous est bien parvenu et a retenu notre meilleure attention.

Vous ne l’ignorez pas, l’Open VLD et le MR plaident depuis des années pour une politique régionale ambitieuse pour nos établissements d’enseignement supérieur.  Déjà en 2009, nous avions intitulé cette stratégie commune « Bruxelles – Ville étudiante. Une stratégie régionale pour l’enseignement supérieur ». Votre Mémorandum démontre malheureusement combien le chemin est encore long alors que nos universités et leurs étudiants participent directement au rayonnement international de notre capitale et à son attractivité. 

Les universités jouent un rôle clé dans le développement économique de la Région en étant le premier employeur privé de Bruxelles.  Raison pour laquelle, nous plaidions déjà en 2005 pour une plate-forme de concertation permanente bruxelloise de l’enseignement supérieur où seraient abordés les problèmes de mobilité, de logement ou d’urbanisme afin d’intégrer au mieux les besoins des universités dans la cité. En parallèle une démarche similaire doit être mise en place avec les acteurs économiques. Les synergies entreprises/universités doivent se  multiplier.

Le développement du pôle recherche cancer, l’importance d’inciter les jeunes à suivre des formations scientifiques et notamment les jeunes femmes, le développement d’un pôle ICT et d’intelligence artificielle, le BSI, la Cellule « vie étudiante » au sein de perspective.brussels, Usquare ou l’université des enfants représentent des initiatives qu’il faut davantage soutenir et développer. Nous avons également toujours plaidé pour mettre en place des facilités de visas pour les chercheurs et les professeurs étrangers.  A ce titre l’adoption du permis unique par le gouvernement fédéral est une avancée majeure en matière de simplification administrative.

En matière de logement, outre les mesures existantes, nous sommes en faveur de l’établissement d’ un cadastre des logements étudiants afin de mieux percevoir les besoins et agir plus efficacement. Nous souhaitons soutenir la R&D dans les universités et atteindre les 3% du PIB notamment via le développement d’un « tax shelter university » pour soutenir la recherche via une déduction fiscale des investissements réalisés dans le domaine de la recherche en milieu universitaire. Enfin, nous sommes en faveur d’une majoration de la dispense partielle de versement de précompte professionnel pour les chercheurs.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, au fil des réformes, la question du financement de notre enseignement supérieur est devenue de plus en plus sensible. Notre enseignement supérieur est sous-financé, c’est un constat qui fait l’unanimité. Vous le dites, investir dans l’enseignement supérieur est une plus-value indéniable pour la société. L’effort fait par la FWB n’est pas suffisant et le manque de moyens a une influence directe sur le taux d’encadrement des étudiants.  Depuis 10 ans, cet ascenseur social est en panne…Sans compter les besoins en infrastructures, ou ceux indispensables au maintien d’une recherche scientifique de qualité.

Enfin, votre mémorandum dépasse les frontières de nos législations communautaires en matière d’enseignement supérieur. Il est illusoire de penser que l’enseignement supérieur et la recherche scientifique se limite à une zone géographique donnée, mais il est par contre indispensable que nos institutions soient ancrées dans leur région et collaborent étroitement avec celle-ci.

Mis à jour le 22 mai 2019