Publié le 1 juin 2026 Mis à jour le 1 juin 2026

Soutenance publique de thèse en vue de l'obtention du grade de Doctorat en Sciences

Titre de la thèse: "Des espaces de vie populaires. Une approche par le travail quotidien des femmes à Charleroi"

Résumé:
Cette recherche interroge la manière dont les femmes des classes populaires produisent la ville à
travers leurs pratiques quotidiennes, à partir du cas de Charleroi. La thèse part du constat d’un
décalage entre des politiques urbaines centrées sur l’attractivité — visant à attirer classes moyennes
et des investisseurs — et les réalités vécues par les populations déjà présentes, peu prises en
compte. La recherche adopte une approche croisant sociologie et géographie critiques, en articulant
des thématiques relatives aux mobilités résidentielles, au travail quotidien et aux espace de vie. Les
activités ordinaires — se loger, travailler, se déplacer — y sont envisagées comme centrales pour
comprendre comment les rapports sociaux de classe, de genre et de race se matérialisent dans
l’espace.
L’enquête repose sur une méthodologie qualitative menée à Charleroi, combinant observations
participantes, ateliers cartographiques et entretiens in situ. Elle s’appuie sur un échantillon varié
d’enquêtées cherchant à rendre compte de l’hétérogénéité des classes populaires et de leurs
conditions matérielles d’existence : des mères de famille immigrées, propriétaires de leur
logement, installées durablement ; des femmes immigrées sans-papiers et isolées, en parcours de
régularisation ; des femmes blanches en situation de mal-logement ou ayant été à la rue ; des
femmes blanches retraitées du salariat populaire et divorcées ; des mères de famille et
travailleuses du secteur de l’esthétique.
Un premier résultat montre que Charleroi demeure attractive pour des populations pauvres et
précaires, en raison notamment du coût du logement et des réseaux de sociabilité, malgré des
politiques visant prioritairement d’autres publics. Cette attractivité s’accompagne toutefois de
formes importantes de précarité et d’instabilité résidentielle. Le deuxième apport met en évidence la
centralité du travail dans le quotidien des enquêtées, en élargissant sa définition au-delà du salariat.
Leurs activités relèvent d’une combinaison complexe de formes de travail — formelles ou
informelles, rémunérées ou non — qui structurent leurs existences. Enfin, la thèse montre que les
pratiques spatiales sont étroitement liées aux conditions matérielles d’existence. Elle identifie, de la
sorte, plusieurs types d’espaces de vie, révélant des formes différenciées d’ancrage, de mobilité et
d’instabilité et qui mobilisent diverses ressources de subsistance.
Au final, la recherche met en lumière une production « par le bas » de la ville, façonnée par les
pratiques quotidiennes des femmes des classes populaires.
Date(s)
Le 12 juin 2026

LE VENDREDI 12 JUIN 2026, À 16 HEURES

DC2.223 Bâtiment D, 2ème Étage, Salle 223, Campus du Solbosch 50, Avenue Franklin Roosevelt, 1050 Ixelles, Bruxelles
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Lieu(x)

DC2.223, Campus du Solbosch