L'article premier des statuts de notre Université proclame que son enseignement a pour principe le libre examen. Celui-ci postule, en toute matière, le rejet de l'argument d'autorité et l'indépendance de jugement.


"Le libre examen qui est à la base de la méthode scientifique, est aussi un principe auquel on souscrit par engagement... Le libre exaministe s'engage donc à mettre ses paroles et ses actes en accord avec ce qu'il tient pour vrai. Sa vérité, il a le courage de la dire et de la défendre."

Notre institution, en raison même de la nature de son engagement, "accueille en tant qu'étudiants à part entière, ceux qui ne partagent pas son idéal...". Toutefois, ceux qui choisissent délibérément de venir chez nous, ont le devoir d'acquérir une connaissance personnelle de nos principes.

La vie communautaire à laquelle nous convions tous les étudiants, sans exception, implique compréhension et tolérance mutuelles. Mais cette tolérance que nous préconisons n'impose pas à proprement parler le respect des opinions d'autrui. "Comment en effet, respecter ce qui est jugé faux, ce que l'on condamne, ce que l'on s'efforce de détruire".

La tolérance que nous proclamons est le respect de la personne et de la liberté d'autrui.

Nous jurons d'inspirer à nos élèves, quel que soit d'ailleurs l'objet de notre enseignement, l'amour pratique des hommes qui sont frères, sans distinction de caste, d'opinion, de nations; nous jurons de leur apprendre à consacrer leurs pensées, leurs travaux, leurs talents au bonheur et à l'amélioration de leurs concitoyens et de l'humanité.", Auguste Baron, Premier secrétaire de l'Université de Bruxelles

(Discours d'ouverture, 20 novembre 1834).

La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. 

Henri Poincare (Fêtes du LXXVe anniversaire, 21 novembre 1909)

Examiner, en dehors de toute autorité politique ou religieuse, les grandes questions qui touchent à l'homme et à la société, sonder librement les sources du vrai et du bien, tel est le rôle de notre Université, telle est aussi sa raison d'être.

Pierre-Théodore Verhaegen, Fondateur de notre maison (Allocution au Roi Léopold Ier, 1er janvier 1854)

La tolérance n'est ni l'hésitation, ni la transaction sur les principes, ni la pusillanimité, ou l'équivoque dans leur expression, car à ce compte, elle consisterait à n'en point avoir ou à ne pas oser les dire... Elle n'impose pas à proprement parler le respect des opinions d'autrui: comment respecter ce qui est jugé faux, ce que l'on condamne, ce que l'on s'efforce de détruire. Elle est le respect de la personne et de la liberté d'autrui. Elle consiste à affirmer ce que l'on tient pour vérité, en même temps que l'on reconnaît, à d'autres, le droit d'affirmer leurs erreurs, en même temps qu'en les combattant, on se refuse à recourir pour les vaincre à l'injure, à la violence, ou à la proscription.

Charles Graux
Mis à jour le 6 septembre 2019