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PROJ-P5317

Projet d'architecture 5.17 : LAP - Lieux Architecture Paysage

année académique
2025-2026

Titulaire(s) du cours

Julie MARTINEAU (Coordonnateur) et Fabien DAUTREBANDE

Crédits ECTS

20

Langue(s) d'enseignement

français

Contenu du cours

L’approche des territoires s’enrichit du déploiement de la discipline de l’architecture du Paysage, de ses préoccupations face aux changements climatiques, de ses lectures plurielles des paysages, de ses expressions et représentations spécifiques.

L’atelier propose d’explorer par le projet la relation entre les disciplines de l’architecture et de l’architecture du paysage, leur perméabilité réciproque, d’identifier et d’interroger les éventuels malentendus voire les conflits engendrés, de comprendre les superpositions et les hiérarchies, et de rechercher les confluences et relations symbiotiques générées par les regards croisés des deux points de vue.

L’atelier s’intéresse aux paysages des campagnes urbaines ayant été intensément transformés par l’activité humaine.

Les approches spatiales entre projet d’Architecture et projet de Paysage se reconnaissent à l’évidence dans la culture de l’espace, la manipulation des échelles, les outils de conception et de représentation, et le processus du projet, entre autres. Elles se distinguent cependant dans la préoccupation fondamentale du vivant qui opère sur les transformations du paysage dans le cas du projet de Paysage, et dans la finalité édificatrice dans le cas du projet d’Architecture.

L’ambition est d’interroger la rencontre entre architecture et paysage dans l’exploration de lieux inscrits dans des figures territoriales majeures, à savoir des paysages transformés par les activités humaines, aux points de rencontre entre leur origine, les résurgences d’écritures passées et les enjeux contemporains[1].

Rencontres, complémentarités, collisions, dissonances, points de convergences, de fusion, angles morts etc. Il s’agit d’identifier, de prendre la mesure et de révéler de manière critique les relations complexes entre paysages et architectures et de s’en nourrir[2]. L’atelier questionne ici les bords, ceux qui définissent avec plus ou moins de netteté les paysages ainsi que les contours disciplinaires entre Architecture et Architecture du Paysage, comme autant de limites ou d’interfaces, physiques, disciplinaires ou théoriques.

Il s’agit d’être dans le paysage, perçu et vécu, comme (lieu d’) habitat et comme lieu parcouru. Pour intensifier le regard lors des recherches, une série de marches exploratives nourrissent de manière empirique le travail de projet. L’attention se focalisera sur le « sol », qui constitue pour l’atelier une préoccupation majeure, à partir duquel peuvent se déplier les autres dimensions. En plus des thématiques liées au vivant, à la mémoire, à la transformation du sol, etc., l’ambition de l’atelier cette année est de considérer la question de l’alimentation comme leitmotiv transversal.  

Le projet sera naturellement utilisé comme outil de connaissance, de négociation et d’expérimentation dans et avec le paysage. Il s’agit d’assumer d’un côté le projet pour sa force de proposition et d’un autre, son caractère édifié, embarquant une série de questions à la fois théoriques, pratiques et techniques.

 

[1] Cf. Le territoire comme palimpseste, A. Corboz, 1983

[2] Cf. inspiré librement de la méthode de la géographie des controverses de B. Latour (http://www.bruno-latour.fr/node/31.html)[2]

Objectifs (et/ou acquis d'apprentissages spécifiques)

Le « projet » constitue intrinsèquement le moteur d’un atelier. LAPs entend conserver cette dynamique et souhaite mettre les objectifs et l’attention à différents niveaux :

Lecture du paysage : L’atelier propose d’effectuer une lecture fine du territoire à travers une approche sensible et située, en partant du sol comme fondement constitutif des paysages. Une attention particulière sera accordée au vivant, grâce à une initiation à l’observation, à l’identification et à la représentation d’éléments végétaux et animaux. Ces éléments seront étudiés dans la complexité de leurs milieux, afin de mieux saisir les interactions qui façonnent le paysage.

Attitude critique & réflexive : A partir d’une situation complexe, LAPs encourage les étudiants à porter un regard autonome critique et réflexif sur leur travail durant l’année. La pertinence et la cohérence de l’ensemble du processus, du travail et des propositions doivent être centrales dans la pratique du projet. En miroir, l’atelier adopte tout au long de l’année un regard réflexif sur son propre fonctionnement et se donne la possibilité d’en adapter les modalités.

Entre production collective et recherches personnelles : LAPs a pour objectif de permettre aux étudiants d’évoluer dans un contexte à géométrie variable. Le travail sera effectué parallèlement de manière personnelle, et en groupes,  produisant des travaux collectifs réunis en documents de formes diverses, à discuter avec les étudiant.es . Les différentes configurations pourraient être amenées à évoluer en fonction de l’avancement.

Interdisciplinarité : Le travail interdisciplinaire fait partie de la méthode mais aussi des objectifs à atteindre. Cette ambition sera concrétisé par la collaboration avec les étudiants de M1 en Architecture du Paysage et par la présence d’enseignants de cette formation (paysagistes, écologue, etc.). Des interlocuteurs extérieurs sont également conviés lors des séances d’atelier afin d’ouvrir le regard sur d’autres sensibilités et expertises. L’intention de l’atelier est de cultiver l’ouverture à d’autres disciplines, et de pouvoir solliciter savoirs, méthodes, interlocuteurs … d’autres registres et domaines.

Traverser les échelles : L’atelier propose d’aborder le projet par différentes échelles, celle de la société, du grand paysage, celle du détail, ainsi que les échelles intermédiaires. L’objectif est de développer l’approche multiscalaire dans la compréhension des constructions humaines et des paysages transformés, en interdépendances avec des milieux complexes.

Enjeux et projet : Le projet constitue l’espace où s’explore et se définit la manière dont les enjeux se manifestent. On y recherche et évalue de manière critique la cohérence entre les objectifs visés, les contraintes inhérentes au projet et la proposition de formes, espaces, usages, etc. Le projet reste par ailleurs un outil de résolution. Il permet, en parallèle à l’explicitation des enjeux, le choix et la mise au point précise des éléments spatiaux et formels .

Pré-requis et Co-requis

Cours pré-requis

Méthodes d'enseignement et activités d'apprentissages

Une pédagogie « inversée » : La pédagogie s’étend sur l’année, et prend en compte  l’arrivée en atelier des étudiants en architecture du paysage au second semestre. La pratique classique qui aborde le projet par l’échelle cartographique/territoriale  est ici inversée, en faveur d’une approche  par le fragment végétal au premier semestre et de matière d’architecture au second semestre.

Au 1er quadrimestre,  la collecte d’échantillons végétaux et leur inventaire sous forme d’herbier offre une porte d’entrée dans le paysage. Chaque plante elle-même renvoie à son milieu, le sol, les éléments, à sa cohabitation avec d’autres plantes (phytosociologie), et avec les animaux. 
L’atelier propose de nombreux allers-retours entre le terrain et l’atelier, d’un côté à la recherche des bords et des écotones (zone de transition écologique), et de l’autre la formulation des premières hypothèses et le dessin résultant des premières intuitions. Il s’agit également d’identifier les enjeux ciblés et les acteurs liés au contexte. Ce travail permet d’appuyer les scénarios de projets développés lors du semestre, qui serviront de base pour la suite des projets au second semestre.

Au 2nd quadrimestre, l’atelier demande aux étudiants de poursuivre le travail sur les dispositifs spatialisés. Les scénarios sont soumis aux retours des étudiants en architecture du paysage, l’approche des architectes se confronte à celle des paysagistes et s’enrichit à son contact pour développer le projet.

Être « dans le paysage » : Afin de rencontrer le site dans ses singularités, l’atelier LAPs invite les étudiants à adopter une approche « à même le paysage », à appréhender le territoire dans sa réalité physique et humaine[1]. Cette méthodologie par contact, tâtonnement, rencontres et expérimentation a aussi pour objectif de dégager des enjeux et des possibilités (nécessités) de projet et de les situer.

Représentation/production : L’atelier entend se focaliser sur la représentation en croisant les moyens utilisés par chacune des disciplines, et en se concentrant sur la capacité révélatrice de chaque document. Par exemple : le transect collectif, le glossaire, le bloc diagramme, les schémas synthétiques, la vue d’oiseau, l’axonométrie, le croquis et le carnet in situ, la coupe, le détail à grande échelle, l. Ces outils auront pour vocation d’explorer, avec des modes de représentations graphiques divers, les relations plus ou moins étroites entre l’architecture et le monde de la terre et du vivant.

Les informations seront communiquées via les plateformes utilisées par l’atelier et lors des activités.

Références, bibliographie et lectures recommandées

Les informations seront communiquées via les plateformes utilisées par l’atelier et lors des activités.

Autres renseignements

Informations complémentaires

TERRAIN D’EXPLORATION

Le fonds de territoires de travail proposé pour les recherches des années à venir est le bassin minier européen, s’étendant du Royaume-Uni à la Ruhr, en passant par la France, la Belgique et le Luxembourg. Déterminés par la nature de leur sous-sol, ces territoires d'origine essentiellement rurale ont connu dans leur histoire récente une double transformation avec dans un premier temps l’avènement de l’industrie minière et ses corollaires – urbanisation, infrastructures, … – et dans un second temps le déclin brutal de celle-ci à l’échelle régionale.

C’est donc la géologie qui détermine l’emprise de ce territoire, plus précisément cette année le filon houiller du Hainaut, dans les franges de la ville de Charleroi, plus précisément sur le site du Martinet, à Roux et Monceau-sur-Sambre. Ces paysages anthropisés  ont fortement été marqués par des activités à vocation quasi exclusivement productive et extractive, 50 ans plus tard devenus paysages emblématiques de ce passé industriel ou forêts spontanées (tiers-paysages) ayant rapidement recolonisé les terrains pollués non réclamés. Après la chute de l’industrie minière dans les années 1970-90, de la sidérurgie dans les années 2000, et la dépression qui s’en suivit, les réflexions sur la reconversion de ces territoires se sont en effet développées, devant répondre à des enjeux patrimoniaux, écologiques,  (productifs) et sociaux majeurs.

Les politiques territoriales récentes ont cherché à développer différents pôles économiques et se sont positionnées sur la question de l’alimentation dans la métropole de Charleroi, comme levier d’une économie locale et vertueuse.

Ce parti pris ayant des conséquences sur l’occupation du sol, tant du point de vue de la production, de la transformation, de la distribution et de la consommation, il servira de fil conducteur aux projets d’architecture des étudiants.

 

ORGANISATION DE L'ATELIER

1. Les projets pourront être individuels ou en groupes. L’atelier attend de l’étudiant un engagement déterminé autant dans les travaux de groupes que dans son travail individuel. Chaque semaine, la production doit pouvoir faire l’objet d’échanges avec l’ensemble de l’atelier. Certains lundis après-midi, LAPs propose de convertir l’atelier en « parlement », au sein duquel seront présentés et discutés les sujets et de prendre des décisions le cas échéant.
2. La présence à l’atelier & ses activités est obligatoire, comme la présence aux voyages organisés (à ce stade, un voyage d’une journée le 19/09, le 03/10 et une semaine in situ du 27 au 31/10 ainsi que le 21/11 sont prévus. Ces informations sont indicatives et sujettes à évolution durant le cours de l’année).
3. Des collaborations spécifiques sont prévues avec l’ULiège, Gembloux AgroBioTech, des enseignants de la faculté ainsi que des intervenants extérieurs. La liste exacte et le planning dédié sera communiqué en atelier.

4. Un groupe Teams spécifique sera créé sur la plateforme de l’ULB et constituera le lieu centralisé et obligatoire d’échange des informations.
5. L’année s’organise autour d’un site et d’une thématique, avec des colorations spécifiques pour chaque semestre, en particulier grâce à l’arrivée dans l’atelier des étudiants MA1 en Architecture du paysage au Q2.

Contacts

Fabien Dautrebande – Ir Architecte, Chargé de cours : Fabien.Dautrebande@ulb.be
Julie Martineau – Ir Paysagiste, Chargée de cours : Julie.Martineau@ulb.be

Campus

Autre campus, Hors campus ULB, Flagey

Evaluation

Méthode(s) d'évaluation

  • Projet

Projet

CRITERES GENERAUX ET SPECIFIQUES A L’ATELIER

  • Compréhension générale de la demande
  • Capacité à croiser différentes disciplines, registres et techniques, et pouvoir en faire l’usage et la synthèse
  • Capacité à mobiliser des ressources bibliographiques et associées
  • Capacité à dégager un/des questionnement(s) / préoccupations en lien avec les thématiques générales, de manière fondamentale ou d’actualité, et à pouvoir l’exprimer.
  • Capacité à développer des préoccupations théoriques d’architecture claires et précises
  • Capacité à se saisir et à travailler avec les enjeux du paysage et à les articuler aux questions d'architecture
  • Capacité à prendre position de manière claire, que ce soit au niveau des enjeux que du projet
  • Capacité à « fabriquer » un projet avec des préoccupations architecturales claires, résolu, appuyé et articulé avec les questionnements et préoccupations explicités au préalable, dont le paysage
  • Capacité à définir les usages & interlocuteurs liés au projet, son implantation, ses nécessités et besoins et transposer l’ensemble en un concept spatialisé
  • Attitude générale et implication/engagement personnelle face à la demande
  • La présence et la proactivité aux séances d’atelier, aux visites et aux voyages.
  • Capacité à travailler à la fois en groupe et individuellement, et capacité à nourrir le collectif
  • Capacité à travailler de manière interdisciplinaire, en particulier avec la discipline de l’architecture du paysage.
  • Qualité et maîtrise de la communication orale et graphique et de présentation

CRITERES SPECIFIQUES COMPLEMENTAIRES POUR LES BA3

  • Maîtriser le rapport entre le corps et l’espace à travers le dimensionnement spatial
  • Maîtriser les éléments de la composition architecturale
  • Capacité à communiquer en atteignant une qualité sensible de composition spatiale.
  • Usages & interlocuteurs : Comprendre et introduire ces notions dans le projet
  • Échelles : Comprendre la logique des différentes échelles qui forgent la synthèse des recherches et du projet, du détail/fragment à l’échelle de la société
  • Matière, ressources, procédés, processus : Développer un propos cohérent sur la matérialité et les logiques constructives

CRITERES SPECIFIQUES COMPLEMENTAIRES POUR LES MASTER

  • Développer une attitude réflexive enrichissant les théories et les pratiques de l’architecture
  • Construire, en tant qu’architecte, un engagement citoyen et une pratique éthique et responsable, au sein de l’atelier et lors du travail
  • Capacité à nourrir l’atelier et les autres étudiants de son expérience, etc., en particulier dans le cadre de cet atelier « vertical »

Construction de la note (en ce compris, la pondération des notes partielles)

DEUX MODES D’ÉVALUATION SONT PRÉVUS :

1. Une évaluation formative continue portant sur le travail fourni par l’étudiant·e (avec remises intermédiaires, aux dates convenues, de l’état d’avancement des recherches, et projets de groupe et individuels) et sa participation active et engagée durant les ateliers. Ces évaluations formatives seront communiquées à l’étudiant·e tout au long de l’année, à l’issue des moments-clé, avec une synthèse de celles-ci à l’issue du premier quadrimestre. Elles servent à renseigner l’étudiant.e sur sa progression par rapport aux exigences, mais n’interviennent pas dans la construction de la note « officielle » de l’UE « Projet ».

2. Des évaluations certificatives à l’issue de chacun des quadrimestres. Ces notes permettent de prouver que l'étudiant.e a acquis les compétences visées par l’enseignement.

CONSTRUCTION DE LA NOTE

La pondération de la note de l’UE se base sur les évaluations certificatives, selon la pondération suivante :
- Évaluation certificative du Q1: 25 %

- Évaluation certificative du Q2 : 75 %, répartis de la manière suivante :
     Travail durant le Q2 en atelier : 25 %
     
Jury final : 50 %

La note de l’UE Projet sera la moyenne arithmétique pondérée de ces notes certificatives.

La note d’année intègre également la note acquise lors de la SIP.
La SIP est une Semaine d’Innovation Pédagogique qui n’est pas encadrée par l’atelier. Elle se déroule au second quadri, durant la semaine qui lui est dédiée dans le calendrier facultaire.

La participation à l’un de ses worshops est obligatoire.
Elle n'est pas valorisée en terme de points dans la note de l'UE Projet, sauf si :
1. l’étudiant·e fait montre de proactivité à la SIP, selon l’identification des encadrants de la SIP. Dans ce cas, la note de l'UE Projet est augmentée de 0,5 point sur 20.
2. l’étudiant.e montre un déficit de participation explicite, selon l’identification des encadrants de la SIP. Dans ce cas, la note de l'UE Projet est diminuée de 0,5 point sur 20.
3. l’étudiant.e est absent.e à la SIP. Dans ce cas, la note de l'UE Projet est diminuée de 1 point sur 20. »

NB : Les jurys (y compris les jurys certificatifs) peuvent être composés de membres internes et/ou externes à la faculté ou à l’université, invités pour leurs compétences en lien avec les enjeux de l’atelier.

Langue(s) d'évaluation

  • français
  • anglais

Programmes