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PROJ-P5317

Projet d'architecture 5.17 : LAPS - Lieux Architecture Paysage

année académique
2026-2027

Titulaire(s) du cours

Julie MARTINEAU (Coordonnateur) et Fabien DAUTREBANDE

Crédits ECTS

20

Langue(s) d'enseignement

français

Contenu du cours

L’approche des territoires s’enrichit du déploiement de la discipline de l’architecture du Paysage, de ses préoccupations face aux changements climatiques, de ses lectures plurielles des paysages, de ses expressions et représentations spécifiques.

Le projet d’Architecture et le projet de Paysage se reconnaissent dans leur culture commune de l’espace, la manipulation des échelles, les outils de conception, de représentation et le processus du projet. Ils se distinguent dans la préoccupation fondamentale du vivant dans le cas du projet de Paysage, et dans la finalité édificatrice dans le cas du projet d’Architecture.

L’atelier propose d’explorer la relation entre les deux disciplines, d’identifier et d’interroger les éventuels malentendus, de rechercher leur perméabilité réciproque, leurs complémentarités et les confluences générées par les regards croisés des deux points de vue.

L’ambition est d’établir la rencontre entre architecture et paysage dans l’exploration de lieux inscrits dans des figures territoriales majeures intensément transformées par l’activité humaine, aux points de contact entre leur origine, les résurgences d’écritures passées et les enjeux contemporains[1].

L’atelier questionne ici les bords, ceux qui définissent avec plus ou moins de netteté et d’épaisseur les paysages ainsi que les contours disciplinaires entre Architecture et Architecture du Paysage, comme autant de limites ou d’interfaces physiques, disciplinaires ou théoriques.

Pour LAPs, il s’agit d’« être dans le paysage », perçu et vécu, comme lieu d’habitat et comme lieu parcouru. Pour intensifier et aiguiser le regard, une série de marches exploratives nourrissent de manière empirique et intuitive un travail de recherche et d’enquête. L’attention se porte notamment sur l’eau, sur le sol qui la reçoit et la végétation qui s’en nourrit, composantes essentielles du vivant qui constitue pour l’atelier une préoccupation majeure, à partir desquelles peuvent se déplier les autres dimensions.

 

[1] Cf. Le territoire comme palimpseste, A. Corboz, 1983

Objectifs (et/ou acquis d'apprentissages spécifiques)

OBJECTIFS

Le « projet » constitue intrinsèquement le moteur d’un atelier. LAPs entend cultiver cette dynamique et souhaite mettre les objectifs et l’attention à différents niveaux :

Lecture du paysage : L’atelier demande aux étudiant.es de développer une lecture fine du territoire et de ses paysages par une approche sensible et située, en considérant l’eau comme un élément déterminant dans la constitution de la vallée. Une attention particulière sera accordée aux êtres vivants indissociables de l’eau, comme indicateurs de sols, de milieux, de climat et aussi de pratiques humaines. Les étudiant.es seront initiés à l’observation, à l’identification et à la représentation de végétaux. Des allers-retours entre terrain et atelier sont organisés, pour observer, collecter, puis traduire et corréler les trouvailles au sein d’une production graphique spécifique.

Les nouveaux paysages : les paysages générés par le déclin brutal de l’industrie sont aujourd’hui transformés par une série de projet. Il s’agit pour l’atelier de saisir cette évolution, et de comprendre comment les gestes et choix architecturaux participent à leur définition. Quel est / reste l’impact des activités industrielles sur le paysage ? quels sont les mécanismes qui opèrent sur les mutations profondes des paysages à venir ?

Attitude critique & réflexive : il s’agit de de porter un regard autonome critique et réflexif sur leur travail durant l’année. La pertinence et la cohérence de l’ensemble du processus, du travail et des propositions doivent pouvoir être remis en cause, discuté, évalué et consolidé au fil des séances.  

Interdisciplinarité et regards croisés : Le travail interdisciplinaire fait partie de la méthode mais aussi des objectifs à atteindre. Cette ambition sera concrétisée par la collaboration avec les étudiants de M1 en Architecture du Paysage et par la présence d’enseignants de cette formation (paysagistes, écologue, etc.). Des interlocuteurs extérieurs sont également conviés lors des séances d’atelier afin d’ouvrir le regard sur d’autres sensibilités et expertises.

Traverser les échelles : L’atelier propose d’aborder le projet au travers de ses différentes échelles, de l’échelle de la société et du grand paysage à celle du fragment et du détail, en passant par les échelles intermédiaires. L’objectif est de renforcer l’approche multiscalaire dans la compréhension des constructions humaines et des paysages transformés.

Enjeux et projet : Le projet constitue l’espace où s’explore et se définit la manière avec laquelle les étudiant.es répondent spatialement aux enjeux identifiés. On y recherche et évalue de manière critique la cohérence entre les objectifs visés, les contraintes inhérentes au projet et la proposition de formes, espaces, usages, etc. Le projet reste par ailleurs un outil de résolution. L’objectif est double : en parallèle à l’explicitation précise des enjeux, le choix et la mise au point précise des éléments spatiaux et formels resteront centraux dans le travail.

Climat & environnement : par le paysage et la thématique de l’eau, l’atelier embarquera nécessairement les considérations actuelles sur le climat et l’évolution qui le caractérise, marqué par des impacts directs sur le territoire. LAPs insiste sur la prise en compte de ces conditions et la compréhension des enjeux qui y sont liés.    

Pré-requis et Co-requis

Cours pré-requis

Méthodes d'enseignement et activités d'apprentissages

MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT ET ACTIVITÉS D'APPRENTISSAGES

La pédagogie s’étend sur l’année et prend en compte les étudiants Architectes Paysagistes (Master 1) au second quadrimestre.

Au 1er quadrimestre, être « dans » le paysage

Deux approches parallèles sont mises en place :

a * Collectes de fragments botaniques & lecture d’échelles - une recherche personnelle

Les étudiants constituent une « collection botanique » . Chacun.e choisit individuellement une plante qu’il ou elle questionnera comme indicatrices de leur milieu, pour une meilleure compréhension du sol, du climat, des activités humaines, de leurs relations avec les autres êtres vivants. Chaque étudiant.e  réalise une prise de vue filmée d’une plante rencontrée sur site, réalise deux croquis, zoomé et dézoomé (dans son contexte) et en établi sa fiche « écosystémique ».

Ils sont complétés d’une série de dessins et photos réalisés in situ, illustrant les échelles des sites.

b * Une enquête sur le territoire, ses paysages et les sites considérés - des recherches par groupe.

LAPs propose plusieurs allers-retours entre atelier et terrain afin de mener une enquête territoriale, entre collecte de fragments de paysage et mise en relation/tension de ces indices, relations qui permettront de produire des hypothèses vers des scénarios de projet.

Au travers de la lecture de master plans existants, et de la quête des acteurs associés à ce territoire, il s’agit aussi d’identifier les enjeux et de comprendre de manière critique les orientations urbanistiques et paysagères en jeu.

L’enquête conduit à une série de proposition de scénarios de projets, ancrés et démontrés, qui permettront d’élaborer les projets au second quadrimestre.

Pour témoigner de l’enquête, les étudiants sont amenés à réaliser de grands documents communs, tels que maquettes, transects volumétriques, axonométrie etc)., pour transmettre les résultats des recherches et les scénarios qui en découlent.

Au 2nd quadrimestre, l’atelier demande aux étudiants de poursuivre le travail par le projet.

Les scénarios sont soumis aux étudiants en Architecture du Paysage, l’approche des architectes se confronte à celle des paysagistes et s’enrichit à son contact pour développer le projet.

Le projet sera naturellement utilisé comme outil de connaissance, de négociation et d’expérimentation dans et avec le paysage. Il s’agit d’assumer d’un côté le projet pour sa force de proposition et d’un autre, son caractère édifié, embarquant une série de questions à la fois théoriques, pratiques et techniques…

NB#1 : Représentation/production : L’atelier sera particulièrement attentif aux modes de représentation et à la capacité révélatrice de chaque document. Les outils de représentations de l’architecture sont naturellement utilisés, et complétés par les outils du paysage, par exemple : le transect collectif, le glossaire, le bloc diagramme, les schémas synthétiques, la vue d’oiseau, l’axonométrie, le croquis et le carnet in situ, la coupe, le détail à grande échelle, ... Ces outils auront pour vocation d’explorer les relations plus ou moins étroites entre l’architecture et le monde de la terre et du vivant.

NB#2 : la présentation et la discussion en atelier sont une partie centrale de la dynamique de LAPs. La présence de potentielles contradictions, d’éventuels conflits d’idées, de l’évolution des avis, etc. font partie intégrante de cette dynamique et sont compris comme des outils au service du projet.


 

Références, bibliographie et lectures recommandées

Les informations seront communiquées via les plateformes utilisées par l’atelier et lors des activités.

Autres renseignements

Informations complémentaires

TERRAIN D’EXPLORATION

Le fonds de territoires proposé aux étudiant.es est le bassin minier européen, le « croissant fossile »[1] s’étendant du Royaume-Uni à la Ruhr, en passant par la France, la Belgique et le Luxembourg. Cette année, l’attention se portera sur Seraing, sur la rive droite de la Meuse, et plus précisément sur l’ancienne commune d’Ougrée.

Déterminés par la nature de leur sous-sol, ces territoires situés dans une vallée et d'origine essentiellement rurale ont connu dans leur histoire récente une double mutation avec dans un premier temps l’implantation massive de l’industrie minière et sidérurgique et leurs corollaires – urbanisation, infrastructures, … – et, dans un second temps le déclin brutal de celles-ci. Les paysages lourdement transformés qui en résultent portent aujourd’hui des traces profondes de ce passé ; il sera question de les identifier et aussi de révéler les signes de nouvelles pratiques encore invisibles[2].

Après la chute de l’industrie minière dans les années 1970-90, de la sidérurgie dans les années 2000, et la dépression qui s’en suivit, des réflexions sur la reconversion de ces territoires se sont développées, devant répondre à des enjeux patrimoniaux, sociaux, paysagers et hydrologiques majeurs. En particulier, l’agence Reichen & Robert a élaboré en 2006 un master plan pour Seraing, qui a fait récemment l’objet d’un retour sur son développement et ses limites (Benoît Moritz, « Incrémental », à paraitre en octobre). Et, en 2021, l’agence Ter + Baumans Deffet a proposé une vision paysagère plus large sur l’ensemble de la rive droite de la Meuse entre Seraing et Herstal.

Seraing est également le lieu de tournage privilégié des Frères Dardenne (voir par exemple « Rosetta », 1999) ; et le documentaire L’acier a coulé dans nos veines de Thierry Michel & Christine Pireaux en 2024 met en image l’univers de la sidérurgie et son histoire implacable dans la vallée de la Meuse, avec des échos des luttes sociales qui l’ont traversé. Certains écrivains se sont également inspirés de ces lieux, dont Caroline Lamarche qui est liée à cette région.

L’atelier prend cette année le parti de suivre l’eau comme socle de réflexion territoriale, (ré)génératrice de paysages. Cette considération trouve un support particulier à Seraing, qui fait partie de la vallée de la Meuse, avec ses risques d’inondations, historiques ; et dont l’hydrographie a été « adaptée » à la présence de l’industrie. Cette approche influera les orientations de projets puisqu’elle implique des conséquences sur la manière d’occuper le sol et d’implanter un programme, entre autres.

 

[1] Cf. GREEN. Géopolitique, réseaux, énergie, environnement, nature, nº4, Paris, Groupe d’études géopolitiques, oct. 2023.

[2] Cf Bernard Lassus, Mouvance I : Analyse inventive

Contacts

Fabien Dautrebande – Ir Architecte, Chargé de cours : Fabien.Dautrebande@ulb.be
Julie Martineau – Ir Paysagiste, Chargée de cours : Julie.Martineau@ulb.be

Campus

Autre campus, Hors campus ULB, Flagey

Evaluation

Méthode(s) d'évaluation

  • Projet

Projet

CRITERES GENERAUX ET SPECIFIQUES A L’ATELIER

  • Compréhension générale de la demande
  • Capacité à croiser différentes disciplines, registres et techniques, et pouvoir en faire l’usage et la synthèse
  • Capacité à mobiliser des ressources bibliographiques et associées
  • Capacité à dégager un/des questionnement(s) / préoccupations en lien avec les thématiques générales, de manière fondamentale ou d’actualité, et à pouvoir l’exprimer.
  • Capacité à développer des préoccupations théoriques d’architecture claires et précises
  • Capacité à se saisir et à travailler avec les enjeux du paysage et à les articuler aux questions d'architecture
  • Capacité à prendre position de manière claire, que ce soit au niveau des enjeux que du projet
  • Capacité à « fabriquer » un projet avec des préoccupations architecturales claires, résolu, appuyé et articulé avec les questionnements et préoccupations explicités au préalable, dont le paysage
  • Capacité à définir les usages & interlocuteurs liés au projet, son implantation, ses nécessités et besoins et transposer l’ensemble en un concept spatialisé
  • Attitude générale et implication/engagement personnelle face à la demande
  • La présence et la proactivité aux séances d’atelier, aux visites et aux voyages.
  • Capacité à travailler à la fois en groupe et individuellement, et capacité à nourrir le collectif
  • Capacité à travailler de manière interdisciplinaire, en particulier avec la discipline de l’architecture du paysage.
  • Qualité et maîtrise de la communication orale et graphique et de présentation

CRITERES SPECIFIQUES COMPLEMENTAIRES POUR LES BA3

  • Maîtriser le rapport entre le corps et l’espace à travers le dimensionnement spatial
  • Maîtriser les éléments de la composition architecturale
  • Capacité à communiquer en atteignant une qualité sensible de composition spatiale.
  • Usages & interlocuteurs : Comprendre et introduire ces notions dans le projet
  • Échelles : Comprendre la logique des différentes échelles qui forgent la synthèse des recherches et du projet, du détail/fragment à l’échelle de la société
  • Matière, ressources, procédés, processus : Développer un propos cohérent sur la matérialité et les logiques constructives

CRITERES SPECIFIQUES COMPLEMENTAIRES POUR LES MASTER

  • Développer une attitude réflexive enrichissant les théories et les pratiques de l’architecture
  • Construire, en tant qu’architecte, un engagement citoyen et une pratique éthique et responsable, au sein de l’atelier et lors du travail
  • Capacité à nourrir l’atelier et les autres étudiants de son expérience, etc., en particulier dans le cadre de cet atelier « vertical »

Construction de la note (en ce compris, la pondération des notes partielles)

DEUX MODES D’ÉVALUATION SONT PRÉVUS :

1. Une évaluation formative continue portant sur le travail fourni par l’étudiant·e (avec remises intermédiaires, aux dates convenues, de l’état d’avancement des recherches, et projets de groupe et individuels) et sa participation active et engagée durant les ateliers. Ces évaluations formatives seront communiquées à l’étudiant·e tout au long de l’année, à l’issue des moments-clé, avec une synthèse de celles-ci à l’issue du premier quadrimestre. Elles servent à renseigner l’étudiant.e sur sa progression par rapport aux exigences, mais n’interviennent pas dans la construction de la note « officielle » de l’UE « Projet ».

2. Des évaluations certificatives à l’issue de chacun des quadrimestres. Ces notes permettent de prouver que l'étudiant.e a acquis les compétences visées par l’enseignement.

CONSTRUCTION DE LA NOTE

La pondération de la note de l’UE se base sur les évaluations certificatives, selon la pondération suivante :
- Évaluation certificative du Q1: 25 %

- Évaluation certificative du Q2 : 75 %, répartis de la manière suivante :
Travail durant le Q2 en atelier : 25 %
Jury final : 50 %

La note de l’UE Projet sera la moyenne arithmétique pondérée de ces notes certificatives.

La note d’année intègre également la note acquise lors de la SIP (Semaine d’Innovation Pédagogique, qui n’est pas encadrée par l’atelier). Les points de la SIP seront comptabilisés comme indiqués dans les conventions SIP.

NB : Les jurys (y compris les jurys certificatifs) peuvent être composés de membres internes et/ou externes à la faculté ou à l’université, invités pour leurs compétences en lien avec les enjeux de l’atelier.

 

ORGANISATION DE L'ATELIER

1. Les projets pourront être individuels ou en groupes. L’atelier attend de l’étudiant un engagement déterminé autant dans les travaux de groupes que dans son travail individuel. Chaque semaine, la production doit pouvoir faire l’objet d’échanges avec l’ensemble de l’atelier.

2. Les vendredis sont la journée par excellence de l’atelier, les horaires seront adaptés pour disposer du temps adéquat. Les lundis après-midi sont utilisés de manière plus flexible : séances de Q-R, exposés, discussions collectives, par exemple sous forme de « Parlement », séances libres pour travail en groupe etc.

3. La présence à l’atelier & ses activités est obligatoire, comme la présence aux voyages organisés : à ce stade, sortie in situ le vendredi 25 septembre toute la journée, et une autre le 9 octobre. Durant la semaine projet : deux jours in situ (logement nécessaire) et 3 jours de visites de projets de référence sont prévus avec logement in situ. Ces informations sont indicatives et sujettes à évolution durant le cours de l’année.

4. Des collaborations spécifiques sont prévues avec l’ULiège, Gembloux AgroBioTech, des enseignants de la faculté ainsi que des intervenants extérieurs. La liste exacte et le planning dédié sera communiqué en atelier.

5. Un groupe Teams spécifique sera créé sur la plateforme de l’ULB et constituera le lieu centralisé et obligatoire d’échange des informations.

6. L’année s’organise autour d’un site et d’une thématique, avec des colorations spécifiques pour chaque semestre, en particulier grâce à l’arrivée dans l’atelier des étudiants MA1 en Architecture du paysage au Q2.

7. La participation à l’atelier implique une participation financière pour e.a. les déplacements, voyages, logements in situ et la production des documents.

8. Les enregistrements audio et vidéo sont interdits dans l’atelier (pour favoriser l’échange, l’écoute, valoriser la présence de chacun en atelier et in situ, l’exercice de prise de notes et la capacité à synthétiser)

Langue(s) d'évaluation

  • français
  • anglais

Programmes