On considère généralement que les personnes souffrant de troubles du spectre de l'autisme présentent une déficience pragmatique globale, provoquée par une difficulté à accéder aux états mentaux d'autrui. Les individus atteints d'autisme sont souvent décrits comme n'accordant que peu d'attention à leur interlocuteur et comme s'appuyant de façon excessive sur le sens littéral. L'idée d'une telle déficience pragmatique globale s'accorde bien avec les théories contemporaines qui considèrent que tous les processus pragmatiques sont sous-tendus par des inférences à propos d'intentions communicatives.

Ce projet questionne à la fois de l'idée d'une déficience pragmatique globale dans le l'autisme et ces conceptions monolithiques de la pragmatique. La principale hypothèse à être explorée est que le profil pragmatique des personnes atteintes d'autisme peut s'expliquer par un manque de flexibilité cognitive.

Trois séries d'études expérimentales cherchent à montrer, d'une part, que les processus pragmatiques qui exigent d'adopter une autre perspective sont déficitaires dans l'autisme, mais que, d'autre part, les aspects interprétatifs qui reposent sur la saillance contextuelle restent intacts.

Porte-parole

Mikhail Kissine

Centre de recherche en linguistique LaDisco
Faculté de Lettres, Traduction & Communication

Dates
Créé le 31 août 2018